Coppél.i.A., si l’I.A. m’était dansée
Jean-Christophe Maillot, dont Vers un pays sage est donné au Palais Garnier en ce moment, offre dans Coppél.i.A. une interprétation contemporaine de la célèbre poupée animée charmant de jeunes humains.
Le chorégraphe revisite Coppélia, La fille aux yeux d’émail, ballet d’Arthur Saint-Léon datant de 1870 qui adaptait le conte d’Hoffmann, L’Homme au sable. Mais Jean-Christophe Maillot replace les aventures Coppélia et de son inventeur Coppelius à l’ère de l’intelligence artificielle. Coppél.i.A. devient un robot humanoïde, dont la beauté mécanique séduit Frantz, le jeune fiancé de Swanilda. La femme-robot finit par se libérer de son inventeur, dansant seule vers un futur incertain.
Le romantisme de la partition de Léo Delibes se prêtant peu à cette adaptation, celle-ci est revisitée par le compositeur Bertrand Maillot, frère du chorégraphe. Il transforme en profondeur la musique originale, qu’il retravaille numériquement et enrichit de compositions personnelles. Il y insère des échos du nom « Coppélia », balbutié par l’IA, comme une traduction sonore de l’émancipation de la machine.
Les décors et costumes d’Aimée Moreni dessinent un paysage lunaire, aux lignes épurées et aux tons métalliques. Les danseurs s’y élancent dans des pas de deux d’une élégance froide et des scènes d’ensemble à l’atmosphère dystopique.
Cette création interroge avec audace l’irruption de l’intelligence artificielle dans nos relations humaines, en plaçant au cœur de la question le corps dansant.
Vidéo
Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot
Musique originale et arrangement de l'oeuvre de Léo Delibes : Bertrand Maillot
Scénographie, Costumes : Aimée Moreni
Lumières : Jean-Christophe Maillot et Samuel Thery
Dramaturgie : Jean-Christophe Maillot et Geoffroy Staquet
Durée : 1h42
Coppél.i.A. : Lou Beyne
Coppélius : Matèj Urban
Swanilda : Anna Blackwell
Frantz : Simone Tribuna
La mère de Swanilda : Mimoza Koike
Confidente de Swanilda : Lennart Radtke