La Musique

Dans ce voyage musical étrange et haletant, Daniel Barenboim et l’Orchestre de Bayreuth transcendent l'épopée cosmogonique de Wagner et en restituent tout le discours avec limpidité et puissance.

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L’essentiel 

  • Un manifeste esthétique et le prologue épique d’une cosmogonie transcendée par le génie de Wagner. Incontournable !
  • Une palette orchestrale et un éventail de nuances d’une finesse inouïe dont on retrouve les traces dans les opéras symbolistes à venir, comme le Pelléas de Debussy.
  • Un univers sombre, fait de luttes sanglantes, de haine et de cupidité : autant de thèmes inspirants pour un metteur en scène tel que Calixto Bieito qui situera sa production dans un contexte dominé par la virtualité numérique pour questionner l’impact de la technologie et de la science sur les êtres humains.

L’Or du Rhin

«La Nature est un temple où de vivants piliers 
Laissent parfois sortir de confuses paroles ; 
L'homme y passe à travers des forêts de symboles 
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent 
Dans une ténébreuse et profonde unité, 
Vaste comme la nuit et comme la clarté, 
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.»

(Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire, 1857)

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L’argument 

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Le nain Alberich a volé le trésor des filles du Rhin. Il a fait forger un anneau qui lui donne un grand pouvoir en échange de son renoncement à l’Amour. Le dieu Wotan, pour acquitter une dette contractée auprès des géants Fasolt et Fafner qui lui ont construit un immense palais, le Walhalla, s’empare de l’or d’Alberich et de l’Anneau. Alberich maudit l’anneau. Le cycle des malédictions est lancé…

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L’héritage

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Œuvre-monde, la Tétralogie plonge ses racines dans les sources prolixes de la mythologie germanique et des sagas nordiques, notamment de l’Edda poétique à laquelle Wagner emprunte ses dieux, ses nains et son Ragnarök. Se réclamant d’un art total, dont il rêve les contours en même temps qu’il en théorise les principes entre 1848 et 1852, Wagner fonde dans ces récits populaires la condition d’une poétique lyrique nouvelle, inspirée par le théâtre grec, ses ambitions et son rôle dans la cité. Le compositeur rêve d’un théâtre gratuit, ouvert à tous, un espace sacré où racheter les hommes et leur destinée collective. D’où le choix du mythe « poème primitif et anonyme du peuple » pour montrer, par des relations humaines dépouillées de leur « forme conventionnelle », « ce que la vie a de vraiment, d'éternellement compréhensible ». D’où le choix, pour en exalter toutes les profondeurs et la richesse symbolique, d’une écriture musicale qui procède par images, par échos et par annonces, une écriture de la mémoire et de la mise en garde. 

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Dans le flot continu de son orchestration, de son grand crescendo inaugural aux phrases éclatantes qui dessinent la silhouette majestueuse du Walhalla, L’Or du Rhin fournit dans son récit des origines les clés d’écoute des œuvres à venir, riche de ses leitmotivs qui, au-delà de leur propriétés descriptives, disent le renoncement, le pouvoir, la vanité ou la résolution, et qui justifient l’aphorisme paradoxal de Nietzsche qui voyait en Wagner un « maître de la miniature », éloquent jusque dans les plus petites unités sonores. Avec la prodigalité d’un orchestre colossal, héritier du chœur de la tragédie antique, L’Or du Rhin transporte la conscience des événements dans la fosse, où l’omniscience le dispute au mystère, où les instruments inspirent et fécondent les pressentiments du spectateur. Dès le prologue, Wagner fait rayonner tout le potentiel de la musique dans sa signification théâtrale, indissociable de son étroite relation à la scène, et bien sûr au texte, sculpté lui-même selon les exigences du poème pour fusionner chant et musique en une seule substance expressive. Entre récitatif et arioso, sans concession, le style vocal de la Tétralogie puise plus que jamais sa matière mélodique et sa dynamique aux modulations de l’orchestre. Dans la rupture nette que marque cette première partie de la Tétralogie avec les productions lyriques antérieures, se trouve affirmée la volonté de « viser à la fois l’unité et la multiplicité, de donner un équivalent de ce que fait la nature, de doter l'œuvre d'art d'une quatrième dimension, la dimension cosmique » (Marcel Schneider) ; laquelle restituerait l’harmonie de l’univers, accompagnerait la rédemption du monde et l’avènement d’un homme nouveau, plus libre que les dieux. Un programme wagnérien s’il en est. 

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PROLOGUE EN QUATRE SCENES AU FESTIVAL SCENIQUE « L'ANNEAU DU NIBELUNG », 1869

En langue allemande

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Mise en scène

CALIXTO BIEITO

Nouveau spectacle

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Direction Musicale

PABLO HERAS-CASADO

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Distribution

WOTAN

IAIN PATERSON

DONNER

FLORENT MBIA

FROH

MATTHEW CAIRNS

LOGE

SIMON O’NEILL

FASOLT

KWANGCHUL YOUN

FAFNER

MIKA KARES

ALBERICH

BRIAN MULLIGAN

MIME

GERHARD SIEGEL

FRICKA

ÈVE-MAUD HUBEAUX

FREIA

ELIZA BOOM

ERDA

MARIE-NICOLE LEMIEUX

WOGLINDE

MARGARITA POLONSKAYA

WELLGUNDE

ISABEL SIGNORET

FLOSSHILDE

KATHARINA MAGIERA

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Orchestre de l’Opéra national de Paris

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2h30 sans entracte

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