La musique

Renata Tebaldi, Inge Borkh et Mario Del Monaco portent avec une puissance rare la Turandot de Puccini, fresque orientale aux accents flamboyants.

L'essentiel

  • Le dernier chef-d’œuvre de Puccini, à l’écriture musicale particulièrement riche et inventive. 
  • Une mise en scène hypnotique, faite de tableaux fascinants.
  • Dans le rôle-titre, deux artistes incomparables, Elza van den Heever puis Anna Pirozzi, et Yusif Eyvazov en Calaf.

L’argument 

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À Pékin, aux temps légendaires, chaque prétendant à la main de la belle princesse Turandot doit répondre à trois énigmes ou mourir. Le prince Calaf, ébloui par la beauté de Turandot, parviendra, au prix du sacrifice de Liù, à relever le défi et à conquérir le cœur de l’orgueilleuse princesse.

« Faire, contre tous et tout, un opéra de mélodie. »
‍Giacomo Puccini, lettre à Giuseppe Adami, novembre 1920

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L’héritage

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D’après la fable féroce de Carlo Gozzi, inspirée par les contes persans des Mille et Un Jours, Puccini déploie un univers sonore d’une puissance et d’une modernité éblouissantes. Conjuguant le lyrisme et la veine mélodique intarissable du compositeur à une orchestration des plus ardentes, Turandot constitue l’apothéose du génie puccinien et offre quelques-uns des airs les plus célèbres du répertoire, dont le Nessun dorma et son soufflant vincerò. La partition fait la synthèse des influences orientales et de l’opulence du grand orchestre symphonique occidental et s’enrichit de contrastes du fait de la création du personnage de Liù. Des accents pathétiques de la jeune esclave aux murmures d’effroi que répand le nom de l’héroïne éponyme, Puccini cultive une tension qui fait l’intensité dramatique de la composition. Mais déjà la vulnérabilité de la princesse pointe sous le masque de la sphinge impitoyable, énigme pour le monde autant que pour elle-même. Plein de son mystère, l’opéra conserve l’atmosphère envoûtante des récits légendaires.

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Le parti pris 

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Fidèle à son langage scénographique (panneaux coulissants, géométrie des espaces, néons, fonds unis), Robert Wilson signe une mise en scène minimaliste et épurée, structurée par des jeux de couleurs et de lumières maîtrisés. Entre abstraction et allusions esthétiques à une Asie rêvée, le plateau procède d’une stylisation monumentale qui donne à l’action le caractère d’une parabole lointaine et atemporelle, proche du conte moral originel. Composant des tableaux captivants sur lesquels se détachent les silhouettes fantastiques, tout à la fois traditionnelles et futuristes, imaginées par Jacques Reynaud pour les costumes, Robert Wilson fait coïncider le grandiose et la finesse propres à l’écriture de Puccini. Dans l’économie de ses moyens rituels, le metteur en scène dessine une fois encore le périmètre d’une éloquente proposition, dans laquelle musique et passions profitent de sublimes réverbérations.

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Au cœur de la production

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Silhouettes immobiles, visages pétrifiés sous la craie, gestes calculés… Robert Wilson emprunte au théâtre nô ses expressions millimétrées et hiératiques pour interroger le poids de la soumission à un ordre réglé et à une gestuelle tout juste tolérée. Contrepoint burlesque à la tragédie de ces corps empêchés, le trio formé par les ministres Ping, Pang et Pong ramène quant à lui aux agitations de la commedia dell’arte. D’une référence et d’un théâtre à l’autre, reste la voix souveraine de la musique, qui toujours défie et déborde le jeu des postures pour rendre aux êtres leur vérité.  

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DRAMMA LIRICO EN TROIS ACTES ET CINQ TABLEAUX, 1926

En langue italienne

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Mise en scène

ROBERT WILSON

Co-mise en scène : Nicola Panzer

Reprise (création : 2021)

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Direction Musicale

EUN SUN KIM

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Avec notamment*

ELZA VAN DEN HEEVER / ANNA PIROZZI
TURANDOT

YUSIF EYVAZOV
CALAF

CARLO BOSI
ALTOUM

ALEXANDER TSYMBALYUK
TIMUR

ADRIANA GONZALEZ / GABRIELLA REYES
LIÙ
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Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris
ADO / Maîtrise de l’Opéra national de Paris

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2h40 avec 1 entracte

*Pour les dates précises de distribution, se référer au site internet de l’Opéra national de Paris.

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